Réflexions de vie entre deux avions sur ma route pour l’IFLA 2016

La lecture et les voyages restent des moments d’apprentissage accéléré, twittai-je sur mon profil @thiaatmi il y a quelques jours. La passion pour les deux premiers cités me conduit au troisième élément qui complète le trépied, l’écriture. Mon temps de voyage de Dakar à Columbus, me conforte dans cette conviction. Dans les airs, j’ai discuté, j’ai dormi, j’ai lu et j’ai écrit.
Dès le décollage de l’avion de l’aéroport de Dakar, j’ai engagé la discussion avec mon voisin de gauche. Un sénégalais bon teint qui enseigne la philosophie au Canada. Sa vaste culture et le goût de la lecture que nous partageons a certainement entretenu notre discussion. Cheikh n’aura pas ouvert le bouquin d’Achille Mbembé, « Critique de la raison nègre » qu’il avait entre les mains et moi non plus, le laptop que j’avais sorti de mon bagage à main pour finaliser une traduction. Sans le déclarer, nous avions opté de sortir du monde des livres pour ouvrir le grand livre du monde. Pendant un bon moment, nous avons revisité le chapitre qui traite du Sénégal et de sa population prise en otage par certaines de ses élites, parmi elles des politiques avec des propositions politiques pas toujours dans l’intérêt du pays. Nous étions tellement en phase qu’on nous aurait pris pour des amis de longue date. Même si, nous venions de découvrir que nous avons passé en même temps les quatre années d’étude qui menaient l’étudiant de l’époque, du DUEL I à la maîtrise à la faculté des Lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. C’était entre octobre 1996 et juillet 2000, lui au Département de Philosophie et moi au Département d’Arabe. Merci Cheikh de me conforter dans l’idée selon laquelle, l’espoir est permis car il y a beaucoup de consciencieux au Sénégal et dans la diaspora, bien qu’il faudra veiller à ne pas laisser ceux qui tirent sur la corde entamer la stabilité sociale par leurs propagandes partisanes.
A Bruxelles, nous avons dû échanger des contacts, dans la zone de transit, avant de s’orienter chacun en ce qui le concerne vers sa zone d’embarquement. Accompagnée d’une collègue, bibliothécaire d’université comme moi nous prîmes le vol devant nous mener à New-York, dernière étape pour Columbus.
Mais à bord, nos sièges n’étaient pas alignés. Je partageais mon aile avec une rwandaise au français vraiment piètre et qui se débrouillait difficilement en anglais, et d’un jeune américain très taquin, qui a cherché en a connaître davantage sur le but de mon voyage et mon occupation dans la vie.
Au bout d’une heure, j’ouvris l’ouvrage que j’avais entre les mains. Il s’agit du : « Petit éloge de la responsabilité : Pour prendre sa vie en main et accomplir ce qui compte vraiment pour soi » de Sophie Chiche et Mark Samuel. J’avalais les pages, tellement que le livre me parlait. Mais au bout de la page 36, une voie intérieure m’incita à fermer ce livre un moment et d’ouvrir celui de ma vie. Comme une sorte d’évaluation à mis parcours, je me mis à regarder le rétroviseur de ma vie pour apprécier les différents choix que j’ai eu à faire.
Il est bon parfois de s’arrêter et d’ouvrir son carnet de bord. Revisiter périodiquement les pages du livre de son évolution permet d’apprécier les bonds effectués, mais aussi de rectifier les ratés vécus. C’est une manière de rendre grâce au Tout Puissant. Aussi bien les pages remplies que celles vierges ont toutes, leur importance dans la suite à donner à son sort. Durant ce voyage terrestre, on est obligé d’avancer ou de reculer, car la vie est un mouvement et le temps nous le démontre parfaitement. On ne reste jamais à la même place, où au même niveau. Les rejetons du temps, nos deux compagnons de vie que sont la nuit et le jour ne nous laissent pas ce choix nous enseignait Ibn Durayd. Dès lors, nous sommes appelés à les défier pour faire notre choix de vie. Convoquer Dieu dans ce processus est essentiel selon moi, mais faudrait-il que l’on fasse la part des choses, comme Il nous y invite dans les Ecritures saintes, en assumant nos responsabilités dans nos destinées. Certes, en tant que Maître de l’univers, Il demeure Le Maître du destin, mais nous sommes responsables de actes que nous posons. Car, Il nous a honorés parmi toutes Ses créatures, en nous faisant le don suprême de la capacité de discernement. Il nous revient dès lors en tant que humain d’assumer nos actes et nos choix de vie. Ne te débines surtout pas face à tes responsabilités, assume tes choix, reste positif et fais ta vie me répétait cette voix intérieure, comme une berceuse. C’est seulement, quand ma voisine m’a secoué pour que je lui cède le passage pour aller faire ses besoins, que je me suis rendu compte que je m’étais endormi depuis un bon moment.

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À propos Mandiaye NDIAYE
Bibliothécaire d'université passionné et blogueur à mes heures perdues, j'ambitionne à bord de cette barque sénégalaise OPENLIB.SN de prendre le large et d'explorer les océans du web, faire des EXCURSIONS en haute mer ou sur la terre ferme pour appréhender les défis des bibliothèques dans la société de l’information. Je compte partager mes PROVISIONS professionnelles avec les collègues, au gré des rencontres, ou celles que nous ramasserons ensemble au cours de ces randonnées. A défaut, s’arrêter et prendre le temps de bavarder, à l’aide de claviers, de tout et de rien tant que cela se rapporte à la situation ou aux mutations du monde de l’information et de la documentation au cours de nos CLAVARDAGES partagés. Je laisse des traces de tout cela dans mon CARNET DE BORD.

2 Responses to Réflexions de vie entre deux avions sur ma route pour l’IFLA 2016

  1. Basstingueul says:

    J’ai lu et adoré ce texte. Hormis l’intéressante discussion que tu as eu avec ce monsieur cité, c’est comme si tu faisais une introspection à ma place. J’ai également apprécié le style qui a fait que le texte tout entier est vraiment agréable à lire. Merci pour ce partage d’expériences qui va certainement nous permettre d’apprécier la grâce divine qui pèse sur nous sachant que nous n’avons rien fait, en réalité, pour la mériter.
    En somme, je reste convaincu que les trois que les moments offerts par ces trois passions : lecture, voyage et écriture ( si peux m’exprimer comme ça ) restent les moyens appropriés pour la découverte de l’autre, la consolidation de l’expérience. Merci encore Mandiaye

    • Mandiaye NDIAYE says:

      Merci Basstingueul! C’est toujours avec autant de plaisir que je lis tes textes et surtout tes poêmes d’une profondeur et d’une beauté remarquables!

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