Le clavier à mon voisin de gauche

A l’occasion de la journée mondiale du blog, il me plait d’ouvrir mon carnet de bord sur le Net et de passer le clavier à mon voisin de gauche le temps d’un vol entre Dakar et Bruxelles. Cheikh, l’ex-voisin de quelques heures et certainement ami pour toujours prolonge l’intéressante discussion que nous avons entretenue et que je relatai dans mon dernier billet Réflexions de vie entre deux avions sur ma route pour l’IFLA 2016.
Commentant ce billet, le prof de philo écrit : « Une idée centrale est au cœur de ce texte merveilleusement et lumineusement bien écrit, la recherche de la vie bonne, celle précisément digne d’être vécue par l’être humain. Cette idée est ici clairement exprimée à partir d’un triptyque: le monde des livres, le grand livre du monde et l’existence digne d’être vécue.
Le monde des livres doit nous amener à viser, dans toute la mesure du possible, l’amélioration morale. J’ose penser que sont capables de moralité les individus qui disposent du savoir le plus élevé possible. Ces derniers, parce qu’ils sont fondamentalement éclairés, sont capables de bien agir, de se comporter justement. Le savoir indique le sens de la moralité. Autrement dit, il renseigne sur la signification et la direction de l’action humaine. Dans une telle perspective, il est un préalable indispensable à toute action morale. Cela ressort clairement de ton texte. Les sérères ne disent-ils pas d’ailleurs que l’ignorant ne peut pas faire le tour du village? C’est dire qu’il y a un lien ténu entre la connaissance et le voyage. Fréquenter le grand livre du monde, s’il n’exige pas toujours des connaissances préalables, peut être source d’un savoir véritable. Cela m’amène au deuxième moment de ton texte, celui du grand livre du monde.
Voyager ou faire le tour du village c’est-à-dire plus exactement du monde connu permet de se confronter à des points de vue différents, à des us et coutumes distincts. C’est parce qu’il est confronté à des valeurs différentes que l’être humain pourra mieux se connaitre. C’est en évaluant des valeurs distinctes ou étrangères que l’on peut apprécier davantage celles dont on est porteur et les conforter pour mieux s’y conformer ou chercher, dans le cas contraire, à les ajuster. Cela vise aussi l’amélioration morale. L’évaluation est nécessaire dans le domaine de la moralité. Elle a son fondement dans la confrontation qui permet de hiérarchiser les valeurs. Il découle conséquemment de la hiérarchie des valeurs le point de vue selon lequel toutes les actions ne se valent pas. Il y a des actions dignes d’être accomplies par un mortel et des actions indignes de l’humanité. Le savoir issu du monde des livres ou du grand livre du monde peut aider à discriminer les valeurs et à distinguer les actions bonnes de celles qui ne sont pas. Cela apparait clairement dans votre texte.
Le troisième moment de ta réflexion, c’est le sens de notre séjour sur la terre. Les humains sont des passagers qui croisent d’autres sur leur chemin. Ils discutent avec les autres qu’ils rencontrent dans le monde des livres ou dans le grand livre du monde. Plus fondamentalement encore, ils discutent avec eux-mêmes. C’est dire que le but de tous ces dialogues c’est pour mieux se connaitre. On se rappelle la formule  »connais-toi toi-même »! Ici, le rapport est celui de l’individu à lui-même. Ce rapport est, pour le croyant, médiatisé par la Divinité. Le cercle vertueux se referme ainsi sur lui-même: la rencontre avec les autres ou avec l’Autre par excellence permet de mieux revenir à soi-même. On retourne de fait au monde des livres et au grand livre du monde. Dieu ne nous parle-t-il pas à travers le monde des livres? Ou encore à travers le grand livre du monde? Ne nous enjoint-Il pas de nous améliorer moralement? N’est-Il pas la source et le fondement ultime de la vérité c’est-à-dire du savoir et de la moralité? Ne nous invite-Il pas à une introspection susceptible de nous amener à toujours nous améliorer? L’introspection, le dialogue intérieur que l’on peut avoir avec soi, permet de faire le bilan de sa vie. Pour rectifier et/ou pour persévérer. C’est un signe d’humanité. C’est le sens de l’existence humaine. »

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À propos Mandiaye NDIAYE
Bibliothécaire d'université passionné et blogueur à mes heures perdues, j'ambitionne à bord de cette barque sénégalaise OPENLIB.SN de prendre le large et d'explorer les océans du web, faire des EXCURSIONS en haute mer ou sur la terre ferme pour appréhender les défis des bibliothèques dans la société de l’information. Je compte partager mes PROVISIONS professionnelles avec les collègues, au gré des rencontres, ou celles que nous ramasserons ensemble au cours de ces randonnées. A défaut, s’arrêter et prendre le temps de bavarder, à l’aide de claviers, de tout et de rien tant que cela se rapporte à la situation ou aux mutations du monde de l’information et de la documentation au cours de nos CLAVARDAGES partagés. Je laisse des traces de tout cela dans mon CARNET DE BORD.

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