Bibliothécaires au Forum Africain sur la Gouvernance de l’Internet

Au prix de la passion et de l’engagement professionnels, l’Afrique du Sud m’a ouvert ses portes pour la troisième fois, toujours dans le cadre d’activités de réflexion et d’échanges autour des bibliothèques, de la pratique des bibliothécaires et de leurs roles dans la société. Après le congrès mondial des bibliothèques IFLA WLIC à Cape Town en août 2015, la réunion de haut niveau sur le Programme International de Plaidoyer de l’IFLA (IFLA IAP) à Prétoria en février 2016, me revoilà au pays de Madiba cette fois ci au royaume Zulu.

Durban a abrité du 16 au 18 Octobre 2016 le 5ème Forum Africain sur la Gouvernance de l’Internet (AIGF). L’IFLA m’a donné l’occasion en tant que bénéficiaire de son Programme International de Leadership 2016-2018 de participer à faire entendre la voix des bibliothèques qu’elle incarne au niveau mondial, dans ce cadre d’échange et d’élaboration de stratégies que constitue l’AIGF.

Pour rappel le Forum Africain sur la Gouvernance de l’Internet a été lancé à Nairobi, au cours du Forum mondial sur la Gouvernance de l’Internet (IGF) en 2011. Il est passé par plusieurs phases à travers le processus du Sommet Mondial sur la Société de l’Information (SMSI) et les réunions régionales tenues entre 2002 et 2005 à Bamako, Accra, Addis-Abeba Ababa, le Caire, Johannesburg, Douala et Tunis. Le Forum a été approuvé par le Conseil des Ministres des TIC, dans leur délibération à Khartoum, du 2 Septembre au 4 février 2012. Ses termes de référence ont été discutés et adoptés par les participants de l’AIGF au Caire le 3 Octobre 2012.

L’AIGF est un cadre d’échange multilatéral, multi-parties prenantes, démocratique et transparent sur la gouvernance de l’internet à l’échelle continentale. Le secrétariat est co-abrité par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (UNECA) et la Commission de l’Union Africaine (UCA).

En dehors des plénières, notre participation a été centrée sur le Panel de la Coalition Dynamique pour l’Accès Public dans les bibliothèques (DC-PAL) organisé par l’AfLIA, la voix africaine des bibliothèques et services d’information. Le DC PAL offre un espace au sein de l’IGF pour aborder les questions de gouvernance d’Internet relatives à l’accès public et favorise une discussion sur la façon dont l’expertise, les réseaux et l’infrastructure existants au niveau des bibliothèques publiques peuvent contribuer à l’atteinte des objectifs et à l’esprit du processus du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI). Pour rappel, les bibliothèques publiques sont financées par le contribuable et intégrées dans l’infrastructure gouvernementale ; elles sont fréquentées par des membres de la société civile, des entrepreneurs, etc. elles collaborent souvent avec le secteur privé pour fournir des données et des services. Ainsi une coalition dynamique sur l’accès public dans les bibliothèques bénéficie de la participation de représentants de tous ces groupes. Cette discussion est donc réellement multipartite.

Les bibliothécaires, délégués de l’IFLA, de l’AfLIA et de eIFL et de gouvernements à ce 5ème Forum Africain sur la Gouvernance de l’Internet ont mis en exergue la contribution des bibliothèques dans le processus. L’Atelier à étè tenu dans les sessions parallèles sous la modération de Dr Buhle Bambo Thata, Directrice exécutive de la Bibliothèque universitaire de l’UNISA, autour du thème « Promouvoir un développement inclusif : comment les bibliothèques aident à connecter les gens à l’Internet et à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine ». Quatre communications ont été présentées. Délégué de l’IFLA, j’ai présenté ma communication dans la langue de travail de l’atelier sur le thème « l’Accès public à l’internet dans les bibliothèques : un aperçu de l’engagement international de l’IFLA ».

Partant des textes politiques, énoncés de principes et manifeste édictés par la Fédération internationale des bibliothèques ces dernières années, nous avons rappelé le rôle central des bibliothèques et des bibliothécaires dans le combat pour l’accès public à l’Internet. Car au-delà des collections qu’elles abritent, les bibliothèques et services d’information sont les meilleurs points d’accès à Internet parce que servant tous les membres de leurs communautés, sans considération d’âge, de race, de nationalité, de religion, de culture, d’affiliation politique, de handicaps physiques ou autres. En plus d’être un espace ouvert d’accès à l’Intérêt, la bibliothèque dispose d’un personnel formé pour accompagner le citoyen-usager dans sa quête de développement.

Je ne saurais terminer ce post sans pour autant faire un clin d’œil à Madiba et réitérer le rôle de la lecture, des livres et des bibliothèques dans la construction du citoyen et le développement des sociétés. Le sage sud-africain en est l’exemple type. En fait, il est admis que Nelson Mandéla a été un grand homme d’état. Gérer un grand pays comme l’Afrique du Sud, être en phase avec ses pairs présidents au niveau mondial sur les questions géopolitiques après 27 ans de vie carcérale, il fallait être un bon lecteur pour y parvenir. Et le père de l’Afrique du sud multiraciale l’avait très tôt compris.  Madiba n’a pas eu besoin de leçon sur la puissance des livres et de la lecture. Il s’est maintenu grâce à la lecture pour être opérationnel dès sa sortie de prison.

Le clavier à mon voisin de gauche

A l’occasion de la journée mondiale du blog, il me plait d’ouvrir mon carnet de bord sur le Net et de passer le clavier à mon voisin de gauche le temps d’un vol entre Dakar et Bruxelles. Cheikh, l’ex-voisin de quelques heures et certainement ami pour toujours prolonge l’intéressante discussion que nous avons entretenue et que je relatai dans mon dernier billet Réflexions de vie entre deux avions sur ma route pour l’IFLA 2016.
Commentant ce billet, le prof de philo écrit : « Une idée centrale est au cœur de ce texte merveilleusement et lumineusement bien écrit, la recherche de la vie bonne, celle précisément digne d’être vécue par l’être humain. Cette idée est ici clairement exprimée à partir d’un triptyque: le monde des livres, le grand livre du monde et l’existence digne d’être vécue.
Le monde des livres doit nous amener à viser, dans toute la mesure du possible, l’amélioration morale. J’ose penser que sont capables de moralité les individus qui disposent du savoir le plus élevé possible. Ces derniers, parce qu’ils sont fondamentalement éclairés, sont capables de bien agir, de se comporter justement. Le savoir indique le sens de la moralité. Autrement dit, il renseigne sur la signification et la direction de l’action humaine. Dans une telle perspective, il est un préalable indispensable à toute action morale. Cela ressort clairement de ton texte. Les sérères ne disent-ils pas d’ailleurs que l’ignorant ne peut pas faire le tour du village? C’est dire qu’il y a un lien ténu entre la connaissance et le voyage. Fréquenter le grand livre du monde, s’il n’exige pas toujours des connaissances préalables, peut être source d’un savoir véritable. Cela m’amène au deuxième moment de ton texte, celui du grand livre du monde.
Voyager ou faire le tour du village c’est-à-dire plus exactement du monde connu permet de se confronter à des points de vue différents, à des us et coutumes distincts. C’est parce qu’il est confronté à des valeurs différentes que l’être humain pourra mieux se connaitre. C’est en évaluant des valeurs distinctes ou étrangères que l’on peut apprécier davantage celles dont on est porteur et les conforter pour mieux s’y conformer ou chercher, dans le cas contraire, à les ajuster. Cela vise aussi l’amélioration morale. L’évaluation est nécessaire dans le domaine de la moralité. Elle a son fondement dans la confrontation qui permet de hiérarchiser les valeurs. Il découle conséquemment de la hiérarchie des valeurs le point de vue selon lequel toutes les actions ne se valent pas. Il y a des actions dignes d’être accomplies par un mortel et des actions indignes de l’humanité. Le savoir issu du monde des livres ou du grand livre du monde peut aider à discriminer les valeurs et à distinguer les actions bonnes de celles qui ne sont pas. Cela apparait clairement dans votre texte.
Le troisième moment de ta réflexion, c’est le sens de notre séjour sur la terre. Les humains sont des passagers qui croisent d’autres sur leur chemin. Ils discutent avec les autres qu’ils rencontrent dans le monde des livres ou dans le grand livre du monde. Plus fondamentalement encore, ils discutent avec eux-mêmes. C’est dire que le but de tous ces dialogues c’est pour mieux se connaitre. On se rappelle la formule  »connais-toi toi-même »! Ici, le rapport est celui de l’individu à lui-même. Ce rapport est, pour le croyant, médiatisé par la Divinité. Le cercle vertueux se referme ainsi sur lui-même: la rencontre avec les autres ou avec l’Autre par excellence permet de mieux revenir à soi-même. On retourne de fait au monde des livres et au grand livre du monde. Dieu ne nous parle-t-il pas à travers le monde des livres? Ou encore à travers le grand livre du monde? Ne nous enjoint-Il pas de nous améliorer moralement? N’est-Il pas la source et le fondement ultime de la vérité c’est-à-dire du savoir et de la moralité? Ne nous invite-Il pas à une introspection susceptible de nous amener à toujours nous améliorer? L’introspection, le dialogue intérieur que l’on peut avoir avec soi, permet de faire le bilan de sa vie. Pour rectifier et/ou pour persévérer. C’est un signe d’humanité. C’est le sens de l’existence humaine. »

Réflexions de vie entre deux avions sur ma route pour l’IFLA 2016

La lecture et les voyages restent des moments d’apprentissage accéléré, twittai-je sur mon profil @thiaatmi il y a quelques jours. La passion pour les deux premiers cités me conduit au troisième élément qui complète le trépied, l’écriture. Mon temps de voyage de Dakar à Columbus, me conforte dans cette conviction. Dans les airs, j’ai discuté, j’ai dormi, j’ai lu et j’ai écrit.
Dès le décollage de l’avion de l’aéroport de Dakar, j’ai engagé la discussion avec mon voisin de gauche. Un sénégalais bon teint qui enseigne la philosophie au Canada. Sa vaste culture et le goût de la lecture que nous partageons a certainement entretenu notre discussion. Cheikh n’aura pas ouvert le bouquin d’Achille Mbembé, « Critique de la raison nègre » qu’il avait entre les mains et moi non plus, le laptop que j’avais sorti de mon bagage à main pour finaliser une traduction. Sans le déclarer, nous avions opté de sortir du monde des livres pour ouvrir le grand livre du monde. Pendant un bon moment, nous avons revisité le chapitre qui traite du Sénégal et de sa population prise en otage par certaines de ses élites, parmi elles des politiques avec des propositions politiques pas toujours dans l’intérêt du pays. Nous étions tellement en phase qu’on nous aurait pris pour des amis de longue date. Même si, nous venions de découvrir que nous avons passé en même temps les quatre années d’étude qui menaient l’étudiant de l’époque, du DUEL I à la maîtrise à la faculté des Lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. C’était entre octobre 1996 et juillet 2000, lui au Département de Philosophie et moi au Département d’Arabe. Merci Cheikh de me conforter dans l’idée selon laquelle, l’espoir est permis car il y a beaucoup de consciencieux au Sénégal et dans la diaspora, bien qu’il faudra veiller à ne pas laisser ceux qui tirent sur la corde entamer la stabilité sociale par leurs propagandes partisanes.
A Bruxelles, nous avons dû échanger des contacts, dans la zone de transit, avant de s’orienter chacun en ce qui le concerne vers sa zone d’embarquement. Accompagnée d’une collègue, bibliothécaire d’université comme moi nous prîmes le vol devant nous mener à New-York, dernière étape pour Columbus.
Mais à bord, nos sièges n’étaient pas alignés. Je partageais mon aile avec une rwandaise au français vraiment piètre et qui se débrouillait difficilement en anglais, et d’un jeune américain très taquin, qui a cherché en a connaître davantage sur le but de mon voyage et mon occupation dans la vie.
Au bout d’une heure, j’ouvris l’ouvrage que j’avais entre les mains. Il s’agit du : « Petit éloge de la responsabilité : Pour prendre sa vie en main et accomplir ce qui compte vraiment pour soi » de Sophie Chiche et Mark Samuel. J’avalais les pages, tellement que le livre me parlait. Mais au bout de la page 36, une voie intérieure m’incita à fermer ce livre un moment et d’ouvrir celui de ma vie. Comme une sorte d’évaluation à mis parcours, je me mis à regarder le rétroviseur de ma vie pour apprécier les différents choix que j’ai eu à faire.
Il est bon parfois de s’arrêter et d’ouvrir son carnet de bord. Revisiter périodiquement les pages du livre de son évolution permet d’apprécier les bonds effectués, mais aussi de rectifier les ratés vécus. C’est une manière de rendre grâce au Tout Puissant. Aussi bien les pages remplies que celles vierges ont toutes, leur importance dans la suite à donner à son sort. Durant ce voyage terrestre, on est obligé d’avancer ou de reculer, car la vie est un mouvement et le temps nous le démontre parfaitement. On ne reste jamais à la même place, où au même niveau. Les rejetons du temps, nos deux compagnons de vie que sont la nuit et le jour ne nous laissent pas ce choix nous enseignait Ibn Durayd. Dès lors, nous sommes appelés à les défier pour faire notre choix de vie. Convoquer Dieu dans ce processus est essentiel selon moi, mais faudrait-il que l’on fasse la part des choses, comme Il nous y invite dans les Ecritures saintes, en assumant nos responsabilités dans nos destinées. Certes, en tant que Maître de l’univers, Il demeure Le Maître du destin, mais nous sommes responsables de actes que nous posons. Car, Il nous a honorés parmi toutes Ses créatures, en nous faisant le don suprême de la capacité de discernement. Il nous revient dès lors en tant que humain d’assumer nos actes et nos choix de vie. Ne te débines surtout pas face à tes responsabilités, assume tes choix, reste positif et fais ta vie me répétait cette voix intérieure, comme une berceuse. C’est seulement, quand ma voisine m’a secoué pour que je lui cède le passage pour aller faire ses besoins, que je me suis rendu compte que je m’étais endormi depuis un bon moment.

TNT au Sénégal : basculement de l’analogique au numérique

J’ai participé ce mardi 24 mars 2015 au séminaire de partage organisé par le Comité national de pilotage de la transition de l’analogique vers le numérique (CONTAN) et le groupe Excaf. Je partage ici, à la place d’un compte rendu les quelques informations glanées, sous forme de prise de notes dans une sous rubrique avec le tag carnet de bord. Il est écrit dans un format télégraphique et en langage non expert. Une demi journée de partage avec différents acteurs du secteur de l’informatique, des télécoms et de l’audiovisuel autour des architectures et plateformes technologiques de la Télévision numérique terrestre (TNT) au Sénégal. Conformément à l’accord international GE06 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), le Sénégal basculera obligatoirement le 17 juin 2015, de l’analogique au numérique autour de son planning de fréquence établi pour la télévision numérique terrestre. Des avantages du passage au numérique, le Directeur exécutif du CONTAN, M. Amadou Top précisera qu’en analogique, une chaîne de TV est diffusée sur une fréquence ou canal, alors qu’en numérique, il est possible de diffuser dans un même canal plusieurs chaînes avec une meilleure qualité. Au regard des normes, au plan mondial, le Sénégal a porté son choix sur la DBVT2 pour son projet de Télévision numérique terrestre. Avec à la TNT partout et pour tous, le Sénégal avance dans la société de l’information, du savoir et de l’économie numérique. Nous allons avoir une télévision interactive. Tous les foyers pourront recevoir les chaines à l’échelle du territoire national. La TNT assure 100% de couverture nationale pour toutes les chaînes embarquées. Alors qu’avec l’analogique, des 17 diffuseurs actuels au Sénégal, seule la RTS1 couvre 80% du territoire sénégalais. Le groupe Excaf, partenaire officiel de l’Etat construit l’infrastructure et assure la formation des différents intervenants autour des produits techniques et technologiques. Pour la réception de la TNT, une antenne de toit UHF et un décodeur pour chaque TV suffira. 865 000 décodeurs répondant aux exigences HbbTv (TNT et internet broad band) seront mis à la disposition des ménages, voire 1.100.000 décodeurs. Le signal audiovisuel va arriver chez le consommateur qui doit disposer d’un retour internet dixit M. Top, …la télévision numérique va transporter avec elle tous les services à valeur ajoutée qui sont innombrables. Donc dans 4 mois, il devrait pas y avoir au Sénégal une famille sans Internet. 4 contraintes sont à considérer : – Une infrastructure convergente et mutualisée; – des contenus locaux de qualité (une industrie de production et de développement de services pour une économie émergente); – Une nouvelle chaine de valeur entrainant un nouveau cadre juridique; – un accompagnement, avec beaucoup de formation. La télévision numérique génère une multitude de services à valeur ajoutée. Une convergence numérique qui appelle à un décloisonnement de l’environnement juridique. Les différents acteurs sont appelés à se remettre en question avec les espaces et les nouveaux contenus qui se créent. Un système d’archivage qui permet en temps réel, d’archiver toutes les productions télévisuelles sénégalaises va sécuriser les contenus qui vont être disponibles pour tous les citoyens. Avec l’éventail de chaines qui sont appelées à avoir un contenu national important, le combat sera sur le terrain de la qualité. C’est le consommateur qui en sera le régulateur. Pour ceux qui disposent d’appareils anciens, ils ne changent pas de téléviseur c’est le décodeur qui sera l’élément intelligent normé DVBT2 qui l’adapte au numérique.

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