Rideau sur l’ifla 2013 ! Cap sur Lyon 2014

Les rideaux sont tombés sur le 79e congrès et assemblée générale de l’IFLA à Singapour, après la clôture des travaux du WLIC2013 par Mme Sinikka Sipilä à la suite deWLIC2013 son discours de prise de fonction comme présidente de l’IFLA. On a vécu pendant une semaine un congrès riche en échanges autour du thème « Les bibliothèques du futur : des possibilités infinies». La rencontre mondiale des bibliothécaires, ouverte et clôturée en sons et lumières, a été pleine de couleur et de dynamisme intellectuel. La communauté mondiale des bibliothécaires et éditeurs embarquent pour le pays de Marianne. La France convie le monde bibliothéconomique à ‘’…une confluence vers la connaissance’’ à Lyon en 2014 pour le 80ème congrès de l’IFLA sur le thème «Bibliothèques, citoyenneté, société : une confluence vers la connaissance ».

Le temps d’embarquer à bord du paquebot de l’IFLA pour aller s’échouer volontairement au confluent du Rhône et de la Saône, arrêtons-nous sur ces dix jours d’amarrage au large de Singapour, cette merveilleuse île de l’Asie du Sud-Est. Dans un élan de partage, je compte, à travers quelques billets, tirer un bilan professionnel d’une participation à cette rencontre mondiale des bibliothèques et des bibliothécaires qui aura réuni 3750 participants venant de 120 pays, autour de 224 sessions.

Cette entreprise de restitution et de partage consistera à faire une rétrospective de mon quotidien de congressiste autour de mes centres d’intérêts parmi les cinq sous thèmes du congrès de 2013 : Open Access and digital ressources (1) ; Policy, strategy and advocacy (2) ; Users driving access and services (3) ; Tools and techniques (4) ; Ideas, innovations, anticipating the new (5). Mais ce sera également le moment, de faire le point sur mes différentes expériences au cours de ce congrès : Préparatifs de congrès (boursier francophone du Cfibd, permanence au stand de promotion du congrès de de Lyon en 2014) ; le congrès vue de l’intérieur (découverte du fonctionnement de l’IFLA en tant qu’assistant du centre francophone IFLA en Afrique, participation à la traduction de l’IFLA Express) ; les espaces de discussion et de partage ; l’engagement dans l’AIFBD, l’aspect culturel et l’enrichissement à travers la rencontre avec de nouveaux collègues et les retrouvailles avec des confrères d’autres pays, etc.

Précisons que sur les flots pour Lyon 2014, nous allons risquer l’aventure de voguer dans le sillage du paquebot de l’IFLA, à bord d’OpenLib.Sn. Cette petite barque que je poussai à l’eau en mars 2012, suivant la longue traîne des embarcations sénégalaises déjà en mer dans la biblio-blogosphère mondiale, à l’image de SENBIBDOC. Donc, ce sera un nouveau départ pour redonner vie à cet espace ouvert aux professionnels de l’information et de la documentation, et mis en veilleuse depuis lors au profit d’un microblogging sur mon profil Twitter Thiaatmi et un partage sur les pages Facebook ASBAD.ASSO et ASBAD.INFO que j’administre pour notre association professionnelle ASBAD.

En faisant cap sur Lyon 2014, pour une confluence des cultures et des connaissances, je convie mes hôtes, le temps d’un voyage, à des échanges. Volontiers, je partagerai ma pratique quotidienne de la profession et les retours d’expériences acquis au contact d’autres environnements bibliothéconomiques : séjour d’immersion de quatre semaines dans les bibliothèques saoudiennes à Ryadh, périple bibliothéconomique de trois semaines à travers cinq États américains dans le cadre de l’excellent programme d’échanges du Département d’Etat américain International Visitors Leadership Program (IVLP) 2012, participation d’un francophone au congrès de l’ALA (Association américaine des bibliothèques) à Anaheim en Californie en 2012, etc.

Nous allons beaucoup discuter de la profession, des bibliothèques et de leur évolution, mais surtout de l’Open Access (OA) et sa dynamique en cours dans le monde. Nous partirons d’un état de l’art de l’OA au Sénégal, pour remonter le temps, s’il le faut, jusqu’à l’atelier national de lancement que j’ai eu à coordonner au nom du Consortium sénégalais des bibliothèques de l’enseignement supérieur (COBESS) avec son partenaire Eifl.net.

Mais, avant de lever l’ancre pour naviguer vers Lyon, explorons, comme promis, l’île de Singapore et les dédales du Syntec convention center pour revivre le 79e congrès et assemblée générale de l’IFLA 2013.

Alternance 2.0 au Sénégal

Le Sénégal a vécu ce 25 mars 2012 sa seconde alternance démocratique. Il faut éviter d’être péremptoire en affirmant que les réseaux et les médias sociaux ont fortement contribué à sa survenance, mais force est de constater que l’esprit et la pratique du web social auront traversé cette élection présidentielle 2012 au Sénégal.

Ainsi, en attendant la publication du billet liminaire de ce biblioblog (OPENLIB.SN), je me prononce dans ce post, qui n’est rien d’autre qu’un bavardage au clavier au sens québécois du terme clavardage, sur la place qu’ont occupée les réseaux et médias sociaux dans le processus ayant abouti à cette seconde alternance démocratique au Sénégal, plutôt que de m’appesantir sur le panorama des réseaux et médias sociaux, leurs différences et l’impact éventuel de leur utilisation dans des élections. Ces  aspects ont d’ailleurs été bien traités (à mon avis) par Aboubacar Sadikh Ndiaye, l’auteur du livre blanc «Présidentielles 2.0», et qui a donné la parole à des experts.

A l’image des organisations de la société civile qui ont appelé les acteurs politiques au respect des valeurs républicaines, et les populations à se tenir debout et à veiller, certains acteurs de la blogosphère sénégalaise ont lancé un appel aux citoyens à se comporter  comme des E-observateurs du processus électoral à travers les réseaux et médias sociaux.

Certes, tous les électeurs sénégalais ne sont pas des internautes, mais la communauté web nationale a été très active. Les usagers de la toile se sont approprié les nouvelles fonctionnalités web pour se positionner comme des veilleurs. L’e-citoyen sénégalais s’est transformé en Big brother 2.0 pour partager sur son profil Facebook , sur son compte Twitter ou dans des espaces dédiés ses photos ou vidéos prises avec son smartphone, suggérer des liens ou poster des commentaires relatifs à l’élection présidentielle 2012.

Pour profiter de l’interactivité de ces ‘’journalistes amateurs’’, capables de remonter une anomalie, ou révéler une information à travers ces médias sociaux, même les télévisions nationales et internationales engagées dans la couverture de ces élections n’ont pas manqué de suivre cette longue traine (@2stvsenegal, @TFM  ,…). Des hashtags ont même été proposés pour une interaction avec les invités des émissions en direct. Pour d’autres, l’intervention s’est faite à travers  des plateformes de partage telles ‘’ les citoyens ont la parole’’, un projet de journalisme participatif porté par les Observateurs de France 24 et l’Atelier des médias de RFI avec des blogueurs volontaires ou encore via Sénégal 2012 ; Parole aux sénégalais ou Sama Baat initiatives prises par des sénégalais.

Même les organisations de la société civile s’y sont mises. Le Mouvement des forces vives du 23 juin 2011 (M23) a créé son espace et le mouvement Y’en a marre engagé dans le combat citoyen a mis en place sa page  Facebook avec plus de 13 000 clics sur le bouton ‘’j’aime’’ combinée à  un profil Twitter.

La communauté des blogueurs sénégalais a été au premier plan de cette bataille en ligne pour des élections libres et transparentes mais aussi pour une forte mobilisation citoyenne. La plateforme Sunu2012 a été une réussite notable dans ce domaine. Son hashtag #sunu2012 , de même que d’autres comme #kebetu ont été des « passages » incontournables pour les milliers de tweets partagés par les usagers de cette plateforme du micro-blogging.

Les deux coalitions en lice pour le fauteuil présidentiel n’ont pas été en reste dans la bataille à travers les médias sociaux. Déjà, à quarante huit heures du second tour de l’élection présidentielle, le candidat de la coalition victorieuse Benno Bok Yaakar (ensemble pour un espoir commun) partait largement favori en gagnant à la ‘’clic-ométrie’’ sur le bouton ‘’j’aime’’ de Facebook et au vu des résultats d’un sondage publié sur le profil de sunu Sénégal.

Mais ne faudrait-il pas, pour autant, relativiser l’impact des médias sociaux sur le processus électoral même si l’Internet mobile a fortement progressé  au Sénégal, car comme l’écrivait Olivier Sagna, l’éditorialiste du Bulletin d’analyse sur les technologies de l’information et de la communication (BATIK), la Lettre d’information électronique mensuelle publiée par OSIRIS « Globalement, le taux de pénétration des services Internet dans la société sénégalaise reste cependant encore très faible puisqu’il ne concerne que 2,8% de la population même si en termes d’utilisation, l’Union internationale des télécommunications (UIT) évalue le taux de pénétration d’Internet à 15,7% de la population. 2011 restera donc dans les annales comme l’année où l’Internet mobile s’est imposé comme le moyen d’accès privilégié à Internet.».

En tout état de cause, force est de reconnaitre que le web social aura été au cœur de cette alternance 2.0 au Sénégal qui consacre la fin d’un cycle de leaders pour ouvrir l’ère des leaders appartenant aux générations  post-indépendance, peut être pour une gouvernance 2.0 au service du Nouveau type de sénégalais (NTS) que le mouvement « Y’en a marre » appelle de tous ses vœux, et qui sera certainement un Sénégalais 2.0.

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