Échos des bibliothèques au HLPF 2017 de l’ONU (I)

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a tenu du 10 au 19 juillet 2017 à son siège à New York le Forum Politique de Haut Niveau sur le développement durable (HLPF) 2017. Convaincue qu’il ne peut y avoir de développement durable véritable sans accès à l’information et pas d’accès inclusif réel à l’information sans les bibliothèques, la Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques (IFLA), porte-parole de la profession des bibliothèques et de l’information au niveau mondial, a participé aux travaux du Forum et a publié en marge des sessions le premier d’une série de rapports sur les bibliothèques, le développement et l’accès à l’information #DA2I en partenariat avec Tascha.

Une délégation de l’IFLA sous la conduite de la présidente, composée entre autres de 4 parmi les 9 Associates du Programme International des leaders de l’IFLA  y a mener un ensemble d’activités de plaidoyer et d’engagement.

delegation IFLA ONU

Dans ce retour d’expérience, en deux billets,  je reviendrai sur l’écho des bibliothèques et l’engagement de ses représentants dans ce processus mondial multi acteurs.

CONTRIBUTION DES BIBLIOTHÈQUES A L’ATTEINTE DES ODD

En septembre 2015, les États membres des Nations Unies ont adopté un programme de développement durable à l’horizon 2030 autour de 17 Objectifs de développement durable (ODD) et leurs 169 cibles pour  Transformer notre monde : l’Agenda 2030 des Nations Unies. L’IFLA a développé un ensemble d’outils de présentation sur la manière dont les bibliothèques peuvent stimuler le progrès à travers tous les objectifs, et leur contribution à l’atteinte de l’Agenda 2030 dans la brochure UN ACCÈS ET DES OPPORTUNITÉS POUR TOUS.

L’Agenda 2030 : Transformer notre monde est un plan global qui comprend dix-sept Objectifs de développement durable (ODD), couvrant toutes les dimensions du développement économique, environnemental et social et visant à améliorer les conditions de vie de tous. Ce sont des objectifs universels, mais chaque pays est responsable de l’élaboration et de la mise en œuvre des stratégies nationales de développement pour les atteindre, avec l’engagement de suivre les progrès réalisés et d’en rendre compte. Le processus ne doit laisser personne de côté. Tous les acteurs doivent s’impliquer et démontrer leurs places et leur contribution dans la mise en œuvre.

Le Forum Politique de Haut Niveau (HLPF) des Nations Unies est un espace dynamique de dialogue multi-acteurs et d’impulsion politique sur les questions de développement durable. Il représente un enjeu majeur pour la gouvernance du développement durable. Le Forum est l’occasion de passer annuellement en revue la mise en œuvre de l’ensemble des objectifs, et évaluer les progrès et les lacunes. Alors qu’il est indéniable qu’un accès à l’information significatif, équitable et inclusif est à la base du progrès de l’humanité. Les bibliothèques sont ainsi, impliquées plus que jamais dans le processus pour l’atteinte des ODD de l’Agenda2030 des Nations Unies dans lequel les États membres se sont engagés.

L’Accès à l’information a été reconnu comme une cible (16.10) de l’Objectif 16 ; de même que la culture (cible 11.4) et les TICs (cibles 5b, 9c, 17.8) qui ont également été inclus. La Maitrise de l’information et l’acquisition de compétences numériques sont également reconnues dans l’Agenda 2030, alors que les valeurs qui tournent autour de ces principes sont au cœur même du mandat des bibliothèques.

Il est établi que dans le monde, 320 000 bibliothèques publiques et plus d’un million de bibliothèques parlementaires, nationales, universitaires, scientifiques et de recherche, scolaires ou spécialisées, s’assurent que les informations et les compétences nécessaires pour les utiliser soient disponibles pour tous – ce qui fait d’elles des institutions incontournables à l’ère du numérique. Les bibliothèques fournissent des informations et des technologies de la communication (TIC), aidant leurs usagers à développer la capacité d’utiliser efficacement l’information, et la sauvegarder afin d’en assurer un accès permanent aux générations futures. Ainsi, les bibliothèques et centres d’information restent des institutions clés dans les processus nationaux. Donc, leur implication aidera les pays à atteindre les ODD.

Dans ce contexte, les professionnels du secteur des bibliothèques sont convaincus que le développement de l’accès à l’information et aux connaissances, favorisé par la disponibilité des technologies de l’information et de la communication (TIC), contribue au développement durable et améliore les conditions de vie de tous. La communauté professionnelle du secteur des bibliothèques et service d’information doit veiller à la prise en compte des bibliothèques et services d’information dans les plans nationaux de développement et démontrer comment les bibliothèques peuvent participer au développement.

SESSION A LA BIBLIOTHÈQUE DE L’ONU

Délégués des bibliothèques, nous avons participé aux sessions principales du Forum Politique de Haut Niveau 2017 sur le développement durable mais également à plusieurs sessions plénières et parallèles. Le 13 juillet 2017, l’IFLA a organisé, en partenariat avec Bibliothèque de l’ONU, une session principale dans les locaux de cette dernière sur le thème « Comment les bibliothèques accompagnent le travail des Nations Unies pour le développement durable ».

C’était l’occasion de démontrer la place qu’occupent les bibliothèques dans le processus de mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD) ; mais également de célébrer le rôle des bibliothèques dans l’accès à l’information au niveau mondial. Il a été souligné l’importance de la collaboration entre les bibliothèques pour créer une société mondiale de la connaissance .

UN BLOG TENU PAR LES LEADERS POUR UN PARTAGE AU QUOTIDIEN

Durant le Forum, les quatre bibliothécaires du Programme International des Leaders (IFLA ILP 2) 2016 -2018 et membres de la délégation des bibliothèques  Elvira Lapuz (Philippines), Mandiaye Ndiaye (Sénégal), Jonathan Hernandez Perez (Mexico) et Vesna Vuksan (Serbie) ont tenu à partager leurs vécus professionnels au quotidien durant ce forum à travers un fil d’informations ‘’Perspectives des Leaders’’ publié dans un blog sur le site de l’IFLA :

Jour 1 : Leaders’ perspectives

Jour 2 : Leaders’ perspectives

Jour 3 : Leaders’ perspectives

Lire la suite dans le billet qui va suivre Échos des bibliothèques au HLPF 2017 de l’ONU (II) sur la publication et la synthèse du Rapport sur les bibliothèques, l’accès à l’information et le développement, le réseautage au HLPF et les perspectives.

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Bibliothécaires au Forum Africain sur la Gouvernance de l’Internet

Au prix de la passion et de l’engagement professionnels, l’Afrique du Sud m’a ouvert ses portes pour la troisième fois, toujours dans le cadre d’activités de réflexion et d’échanges autour des bibliothèques, de la pratique des bibliothécaires et de leurs roles dans la société. Après le congrès mondial des bibliothèques IFLA WLIC à Cape Town en août 2015, la réunion de haut niveau sur le Programme International de Plaidoyer de l’IFLA (IFLA IAP) à Prétoria en février 2016, me revoilà au pays de Madiba cette fois ci au royaume Zulu.

Durban a abrité du 16 au 18 Octobre 2016 le 5ème Forum Africain sur la Gouvernance de l’Internet (AIGF). L’IFLA m’a donné l’occasion en tant que bénéficiaire de son Programme International de Leadership 2016-2018 de participer à faire entendre la voix des bibliothèques qu’elle incarne au niveau mondial, dans ce cadre d’échange et d’élaboration de stratégies que constitue l’AIGF.

Pour rappel le Forum Africain sur la Gouvernance de l’Internet a été lancé à Nairobi, au cours du Forum mondial sur la Gouvernance de l’Internet (IGF) en 2011. Il est passé par plusieurs phases à travers le processus du Sommet Mondial sur la Société de l’Information (SMSI) et les réunions régionales tenues entre 2002 et 2005 à Bamako, Accra, Addis-Abeba Ababa, le Caire, Johannesburg, Douala et Tunis. Le Forum a été approuvé par le Conseil des Ministres des TIC, dans leur délibération à Khartoum, du 2 Septembre au 4 février 2012. Ses termes de référence ont été discutés et adoptés par les participants de l’AIGF au Caire le 3 Octobre 2012.

L’AIGF est un cadre d’échange multilatéral, multi-parties prenantes, démocratique et transparent sur la gouvernance de l’internet à l’échelle continentale. Le secrétariat est co-abrité par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (UNECA) et la Commission de l’Union Africaine (UCA).

En dehors des plénières, notre participation a été centrée sur le Panel de la Coalition Dynamique pour l’Accès Public dans les bibliothèques (DC-PAL) organisé par l’AfLIA, la voix africaine des bibliothèques et services d’information. Le DC PAL offre un espace au sein de l’IGF pour aborder les questions de gouvernance d’Internet relatives à l’accès public et favorise une discussion sur la façon dont l’expertise, les réseaux et l’infrastructure existants au niveau des bibliothèques publiques peuvent contribuer à l’atteinte des objectifs et à l’esprit du processus du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI). Pour rappel, les bibliothèques publiques sont financées par le contribuable et intégrées dans l’infrastructure gouvernementale ; elles sont fréquentées par des membres de la société civile, des entrepreneurs, etc. elles collaborent souvent avec le secteur privé pour fournir des données et des services. Ainsi une coalition dynamique sur l’accès public dans les bibliothèques bénéficie de la participation de représentants de tous ces groupes. Cette discussion est donc réellement multipartite.

Les bibliothécaires, délégués de l’IFLA, de l’AfLIA et de eIFL et de gouvernements à ce 5ème Forum Africain sur la Gouvernance de l’Internet ont mis en exergue la contribution des bibliothèques dans le processus. L’Atelier à étè tenu dans les sessions parallèles sous la modération de Dr Buhle Bambo Thata, Directrice exécutive de la Bibliothèque universitaire de l’UNISA, autour du thème « Promouvoir un développement inclusif : comment les bibliothèques aident à connecter les gens à l’Internet et à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine ». Quatre communications ont été présentées. Délégué de l’IFLA, j’ai présenté ma communication dans la langue de travail de l’atelier sur le thème « l’Accès public à l’internet dans les bibliothèques : un aperçu de l’engagement international de l’IFLA ».

Partant des textes politiques, énoncés de principes et manifeste édictés par la Fédération internationale des bibliothèques ces dernières années, nous avons rappelé le rôle central des bibliothèques et des bibliothécaires dans le combat pour l’accès public à l’Internet. Car au-delà des collections qu’elles abritent, les bibliothèques et services d’information sont les meilleurs points d’accès à Internet parce que servant tous les membres de leurs communautés, sans considération d’âge, de race, de nationalité, de religion, de culture, d’affiliation politique, de handicaps physiques ou autres. En plus d’être un espace ouvert d’accès à l’Intérêt, la bibliothèque dispose d’un personnel formé pour accompagner le citoyen-usager dans sa quête de développement.

Je ne saurais terminer ce post sans pour autant faire un clin d’œil à Madiba et réitérer le rôle de la lecture, des livres et des bibliothèques dans la construction du citoyen et le développement des sociétés. Le sage sud-africain en est l’exemple type. En fait, il est admis que Nelson Mandéla a été un grand homme d’état. Gérer un grand pays comme l’Afrique du Sud, être en phase avec ses pairs présidents au niveau mondial sur les questions géopolitiques après 27 ans de vie carcérale, il fallait être un bon lecteur pour y parvenir. Et le père de l’Afrique du sud multiraciale l’avait très tôt compris.  Madiba n’a pas eu besoin de leçon sur la puissance des livres et de la lecture. Il s’est maintenu grâce à la lecture pour être opérationnel dès sa sortie de prison.

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