Livre Paris 2019 : Séjour professionnel d’un bibliothécaire

La 39e édition du Salon du Livre de Paris s’est tenue du 15 au 18 mars 2019 à la Porte de Versailles. Pour la première fois depuis sa création, le salon a choisi de mettre à l’honneur un continent, l’Europe, plutôt qu’un pays en particulier. Différents acteurs du livre du Sénégal y ont participé, décideurs, éditeurs, auteurs et bibliothécaires. Le Ministre de la culture du Sénégal accompagné du Directeur du Livre et de la Lecture a rencontré les auteurs, bibliothécaires et autres compatriotes sénégalais établis en France et présents à Livre Paris 2019.

La journée professionnelle a été le moment pour les responsables de certaines bibliothèques universitaires du Sénégal participant au salon notamment ceux de l’UCAD et de l’UGB d’honorer leurs rendez-vous avec certains partenaires, prestataires et autres éditeurs. Les discussions ont tourné autour de la collaboration actuelle et des nouvelles offres concernant surtout les ressources numériques.

Pour les sessions d’animation scientifiques et littéraires, mon coup de cœur a été la table ronde organisée par le Ministère français de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de lʼInnovation (MESRI) à la scène Agora sur le thème « Le Livre numérique : quelles perspectives pour l’enseignement supérieur ? ». C’était l’occasion pour les panélistes d’évoquer les freins et les leviers potentiels pour le développement de l’offre et des usages du livre numérique dans l’enseignement supérieur.

Précisant que malgré une progression des usages, le livre numérique demeure encore trop peu utilisé dans l’enseignement supérieur. Pourtant, il est noté que l’offre éditoriale du secteur présente de fortes potentialités : innovation pédagogique, transformation des situations d’apprentissage, accessibilité, accès à distance. Des problématiques que nous questionnons tous les jours en tant responsable de Service de référence et de management des ressources continues dans une bibliothèque universitaire.

A la fête du livre, les rencontres auteurs et lecteurs sont toujours favorisées. Les auteurs de la délégation sénégalaise à Livre Paris 2019 Alioune Badara Seck, Colonel Momar Guèye, Moustapha Ndéné Ndiaye, Soda Ndoye, Aminata Seck, Ndèye Fatou Fall Dieng, Nafissatou Diouf ont sympathisé avec les acheteurs par des dédicaces au stand des éditeurs sénégalais.

Un séjour professionnel est toujours une occasion de réseautage, d’échanges d’expériences et de découverte. En marge du Salon, nous avons pu visiter la Bibliothèque publique d’information (BPI) avec Gerald , la Bibliothèque nationale de France (BNF) avec Franck Hurinville. La journée de découverte de la bibliothèque de l’UNESCO, de son projet de numérisation et de sa bibliothèque numérique UNESCDOC avec son directeur Dr Adama Aly Pam a été un moment fort de cette série.

En compagnie d’un guide de choix, Dr Pam, ancien étudiant de l’École des Chartes, c’était la (re)découverte de Paris notamment du quartier latin avec son cœur historique la Sorbonne, ses établissements autres sites. Une balade historique qui nous a mené aux résidences de la Cité internationale universitaire.

 

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Alternance 2.0 au Sénégal

Le Sénégal a vécu ce 25 mars 2012 sa seconde alternance démocratique. Il faut éviter d’être péremptoire en affirmant que les réseaux et les médias sociaux ont fortement contribué à sa survenance, mais force est de constater que l’esprit et la pratique du web social auront traversé cette élection présidentielle 2012 au Sénégal.

Ainsi, en attendant la publication du billet liminaire de ce biblioblog (OPENLIB.SN), je me prononce dans ce post, qui n’est rien d’autre qu’un bavardage au clavier au sens québécois du terme clavardage, sur la place qu’ont occupée les réseaux et médias sociaux dans le processus ayant abouti à cette seconde alternance démocratique au Sénégal, plutôt que de m’appesantir sur le panorama des réseaux et médias sociaux, leurs différences et l’impact éventuel de leur utilisation dans des élections. Ces  aspects ont d’ailleurs été bien traités (à mon avis) par Aboubacar Sadikh Ndiaye, l’auteur du livre blanc «Présidentielles 2.0», et qui a donné la parole à des experts.

A l’image des organisations de la société civile qui ont appelé les acteurs politiques au respect des valeurs républicaines, et les populations à se tenir debout et à veiller, certains acteurs de la blogosphère sénégalaise ont lancé un appel aux citoyens à se comporter  comme des E-observateurs du processus électoral à travers les réseaux et médias sociaux.

Certes, tous les électeurs sénégalais ne sont pas des internautes, mais la communauté web nationale a été très active. Les usagers de la toile se sont approprié les nouvelles fonctionnalités web pour se positionner comme des veilleurs. L’e-citoyen sénégalais s’est transformé en Big brother 2.0 pour partager sur son profil Facebook , sur son compte Twitter ou dans des espaces dédiés ses photos ou vidéos prises avec son smartphone, suggérer des liens ou poster des commentaires relatifs à l’élection présidentielle 2012.

Pour profiter de l’interactivité de ces ‘’journalistes amateurs’’, capables de remonter une anomalie, ou révéler une information à travers ces médias sociaux, même les télévisions nationales et internationales engagées dans la couverture de ces élections n’ont pas manqué de suivre cette longue traine (@2stvsenegal, @TFM  ,…). Des hashtags ont même été proposés pour une interaction avec les invités des émissions en direct. Pour d’autres, l’intervention s’est faite à travers  des plateformes de partage telles ‘’ les citoyens ont la parole’’, un projet de journalisme participatif porté par les Observateurs de France 24 et l’Atelier des médias de RFI avec des blogueurs volontaires ou encore via Sénégal 2012 ; Parole aux sénégalais ou Sama Baat initiatives prises par des sénégalais.

Même les organisations de la société civile s’y sont mises. Le Mouvement des forces vives du 23 juin 2011 (M23) a créé son espace et le mouvement Y’en a marre engagé dans le combat citoyen a mis en place sa page  Facebook avec plus de 13 000 clics sur le bouton ‘’j’aime’’ combinée à  un profil Twitter.

La communauté des blogueurs sénégalais a été au premier plan de cette bataille en ligne pour des élections libres et transparentes mais aussi pour une forte mobilisation citoyenne. La plateforme Sunu2012 a été une réussite notable dans ce domaine. Son hashtag #sunu2012 , de même que d’autres comme #kebetu ont été des « passages » incontournables pour les milliers de tweets partagés par les usagers de cette plateforme du micro-blogging.

Les deux coalitions en lice pour le fauteuil présidentiel n’ont pas été en reste dans la bataille à travers les médias sociaux. Déjà, à quarante huit heures du second tour de l’élection présidentielle, le candidat de la coalition victorieuse Benno Bok Yaakar (ensemble pour un espoir commun) partait largement favori en gagnant à la ‘’clic-ométrie’’ sur le bouton ‘’j’aime’’ de Facebook et au vu des résultats d’un sondage publié sur le profil de sunu Sénégal.

Mais ne faudrait-il pas, pour autant, relativiser l’impact des médias sociaux sur le processus électoral même si l’Internet mobile a fortement progressé  au Sénégal, car comme l’écrivait Olivier Sagna, l’éditorialiste du Bulletin d’analyse sur les technologies de l’information et de la communication (BATIK), la Lettre d’information électronique mensuelle publiée par OSIRIS « Globalement, le taux de pénétration des services Internet dans la société sénégalaise reste cependant encore très faible puisqu’il ne concerne que 2,8% de la population même si en termes d’utilisation, l’Union internationale des télécommunications (UIT) évalue le taux de pénétration d’Internet à 15,7% de la population. 2011 restera donc dans les annales comme l’année où l’Internet mobile s’est imposé comme le moyen d’accès privilégié à Internet.».

En tout état de cause, force est de reconnaitre que le web social aura été au cœur de cette alternance 2.0 au Sénégal qui consacre la fin d’un cycle de leaders pour ouvrir l’ère des leaders appartenant aux générations  post-indépendance, peut être pour une gouvernance 2.0 au service du Nouveau type de sénégalais (NTS) que le mouvement « Y’en a marre » appelle de tous ses vœux, et qui sera certainement un Sénégalais 2.0.

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